© DDPS, Sina GunternTant les forces d’intervention d’urgence, que la protection civile, mais aussi les exploitants d’infrastructures critiques et les militaires, sont dépendants d’une communication mobile de sécurité. Pour ce faire, la Confédération mène trois projets à grands pas.Tant les forces d’intervention d’urgence, que la protection civile, mais aussi les exploitants d’infrastructures critiques et les militaires, sont dépendants d’une communication mobile de sécurité. Pour ce faire, la Confédération mène trois projets à grands pas.La communication mobile est essentielle pour les forces d’intervention, que ce soit en période de crise ou lorsque le réseau mobile est surchargé. Actuellement, la Confédération mène trois projets à grands pas. Mais malheureusement, tout ne fonctionne pas comme prévu.

Les organisations d’intervention d’urgence, telles que la police, les pompiers, la protection civile et les services d’urgence, mais aussi les entreprises exploitantes d’infrastructures critiques (EIC) et les militaires doivent pouvoir communiquer à tout moment et échanger de grandes quantités de données, par voie mobile et en toute sécurité. En principe, cela fonctionne correctement – sur la base des réseaux existants. Mais si ces derniers sont saturés ou sont endommagés, que ce soit partiellement ou complètement, notamment en cas de catastrophes ou en situation de crise, alors la communication mobile de sécurité à large bande n’est plus garantie en toutes circonstances. C’est justement cette assurance, et de manière concrète la « garantie de la communication de sécurité en toute situation », qui est établie depuis 2019 dans la loi sur les télécommunications (LTC).

C’est pourquoi la Confédération s’attèle à trois projets, basés sur la révision complète de la loi sur la protection de la population et la protection civile (LPPCi) de décembre
2019 :

1.    Maintien de la valeur de Polycom 2030 (Polycom 2030)
2.    Système national d’échange de données sécurisé (SEDS)
3.    Système de communication mobile de sécurité à large
    bande (CMS)

Les trois projets sont étroitement liés, compliqués au niveau technologique – et chers. Au mois de février 2021, on s’est rendu compte que tout ne fonctionnait pas comme prévu. Michaela Schärer, directrice de l’OFPP depuis le 4 janvier 2021, est très sollicitée depuis.

© DDPS, Ellena AldoSelon la loi sur les télécommunications  (LTC), la disponibilité d’une communication de sécurité est obligatoire dans tous les cas, notamment en situation de crise ou lorsque le réseau mobile en exploitation est surchargé ou en panne.Selon la loi sur les télécommunications (LTC), la disponibilité d’une communication de sécurité est obligatoire dans tous les cas, notamment en situation de crise ou lorsque le réseau mobile en exploitation est surchargé ou en panne.Polycom 2030

Le réseau radio de sécurité Polycom, exploité depuis 2001, est utilisé par près de 55 000 personnes. Il est considéré comme étant sûr et fiable. Il ne peut toutefois transmettre qu’une quantité limitée de données et coûte une fortune en raison de ses composants propriétaires. En 2015, la Confédération et les cantons ont investi près de 750 millions de francs suisses – sans compter les frais d’exploitation et du personnel. Le projet « Polycom 2030 », lancé en 2016, coûte au bas mot 500 millions de plus. En effet, 325 millions sont affectés à la modernisation des quelque 170 commutateurs principaux et secondaires et des 750 stations de base, qui migreront de la technologie TDM (Time Division Multiplex, une technologie de transmission datant des années 1990) aux normes IP (Internet Protocol). La durée de cette procédure étant prévue jusqu’à 2025, la société Atos Schweiz AG, en charge de cette opération, a dû développer et intégrer une passerelle technique (passerelle TDM/IP). C’est le seul moyen d’utiliser les deux technologies en parallèle et d’assurer une fonctionnalité globale dans le cadre des interventions tactiques.

Mais il est apparu récemment que le projet rencontre quelques difficultés. Il est vrai que la passerelle TDM/IP est prête et qu’elle a fait ses preuves lors du test de fonctionnement. Il y a cependant des problèmes au niveau de l’intégration des nouveaux composants du système sans fil dans les environnements des réseaux de données des cantons. D’après les informations de l’OFPP, la société Atos Schweiz AG déclare avoir des difficultés en matière de qualité, de connaissances techniques, de sécurité et de documentation des composants centraux de l’infra­structure.

Selon l’Office fédéral de la protection de la population, il y aurait par conséquent un « risque considérable à faire fonctionner en parallèle les deux technologies après 2025 » et cela pourrait par ailleurs occasionner des coûts supplémentaires de « plus de 10 millions de francs suisses » par an.

Le remplacement des terminaux Polycom augmentera également la facture. En effet, les plus vieux terminaux du type P2G utilisés aujourd’hui ne sont plus réparés par le fabricant, le support technique pour le produit TPH700 prend fin en 2025 et le TPH900 souffre de dysfonctionnements mécaniques, ce qui se traduit en particulier par des appareils qui s’éteignent brusquement. L’OFPP a bien demandé, en 2019, le remplacement des batteries d’origine par des accumulateurs de courant commercialisés par Akkupoint AG (voir gyrophare bleu 04/2019) et le logiciel actualisé du matériel assure bien un redémarrage automatique. Mais les arrêts inopinés n’ont pas disparu et les raisons en restent inexpliquées malgré les recherches réalisées par l’EMPA et un échange intensif entre l’OFPP et la gendarmerie française qui utilise elle aussi le TPH 900 et se voit confrontée aux mêmes problèmes. Il convient de préciser que l’OFPP est intervenue auprès du fabricant Airbus et a réussi à prolonger, jusqu’à 2027, la garantie pour les appareils déjà déployés.

© DDPS, Sina GunternDans le cadre du projet « Polycom 2030 », on constate non seulement des retards dans le changement de système, mais encore des problèmes au niveau de la fiabilité des terminaux de type TPH900.Dans le cadre du projet « Polycom 2030 », on constate non seulement des retards dans le changement de système, mais encore des problèmes au niveau de la fiabilité des terminaux de type TPH900.SEDS

Le projet « Système national d’échange de données sécurisé (SEDS) », qui porte sur l’interconnexion – dès 2027 – des 120 emplacements de conduite de la Confédération (40 sites), des cantons (36) et des EIC (44), via un réseau sécurisé et toujours disponible, est lancé depuis 2019. Selon les prévisions, la phase conceptuelle du projet s’élevant à 150 millions devrait être terminée en 2021 et la réalisation pourrait commencer en 2022. Entre-temps, la « complexité technologique » a toutefois nécessité une « nouvelle appréciation globale », selon l’OFPP.

C’est ainsi que le projet a été transformé en un programme et divisé en trois sous-projets : Premièrement, le réseau de données sécurisé (RDS). Il est la base des futurs systèmes de communication de sécurité dans le domaine de la protection de la population et de la gestion nationale de crises – y compris le CMS et le système Polycom – et il doit être capable de fonctionner pendant une panne de courant générale d’au moins 14 jours. Deuxièmement, le système d’accès aux données (SAD) pour toutes les applications autonomes munies de services d’authentification (Polycom, Polyalert et Polyinform). Troisièmement, le réseau de suivi de la situation (RSS ; anciennement système de suivi coordonné de la situation) pour l’échange des données entre les systèmes, en faveur d’une représentation aussi précise que possible de la situation globale. Au sein de ce troisième sous-projet, il est également examiné dans quelle mesure le système obsolète d’alarme et de transmission de messages, VULPUS, peut être remplacé fonctionnellement.

La nouvelle organisation du SEDS, en tant que programme, est destinée à « permettre une meilleure prise en compte des multiples et diverses dépendances avec les autres domaines d’activité et projets de l’OFPP ». Cela implique toutefois que le processus sera plus long et nécessitera plus de personnel, lequel est d’ailleurs en phase de recrutement. Même si l’OFPP déclare que « le développement, jusqu’à fin 2023, des sites cantonaux du SEDS continue d’être priori­-
taire », personne ne croit plus à une mise en route à la date prévue.

CMS

En 2018, le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) procéda, sur demande de la Confédération, à une évaluation portant sur un système de communication mobile de sécurité (CMS). En 2019, sous la direction de la Commission fédérale de la télématique dans le domaine du sauvetage et de la sécurité (Com Tm AOSS), de nombreuses consultations ont été réalisées auprès des organisations intéressées afin d’élaborer le rapport « Synergies CMS en Suisse ». Et le 29 janvier 2020, le Conseil fédéral a chargé le DDPS de la réalisation d’un projet pilote qui sera coordonnée par l’OFPP et durera jusqu’à 2023. Il sera soumis au Conseil fédéral sous forme de proposition. Une étude détaillée sera par ailleurs élaborée et disponible vers le milieu de l’année 2022. Elle enregistrera les besoins des organisations d’utilisateurs et les réponses des opérateurs de téléphonie mobile aux questions centrales.

Les nombreux services fédéraux et cantonaux suivants sont impliqués dans ce projet pilote : l’Office fédéral de la police (fedpol), le Service de renseignement de la Confédération (SRC), l’Administration fédérale des douanes (AFD), la Base d’aide au commandement de l’armée et le Commandement des opérations de l’armée, les exploitants d’infrastructures critiques (EIC) intéressés, les opérateurs publics de téléphonie mobile ainsi que l’Office fédéral de routes (OFROU), l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), et l’Office fédéral de la communication (OFCOM). Ce dernier distribue gratuitement, depuis le 1er janvier 2021, des concessions radio d’essai (fréquences PPDR) aux AOSS pour leur permettre de les utiliser pour leurs tests.

Afin d’accélérer le projet, l’organisation de ce dernier a été adaptée récemment et un projet inter-cantons, sous la direction de Matthias Stähli, représentant de la CCPCS au sein du projet CMS, a été lancé. Il a pour objectif de coordonner et de consolider certaines activités lancées au niveau cantonal, telles que les démonstrations de faisabilité (Proof of concept).

Proof of concept « Stratégie 2 appareils »

La Kapo St.Gallen réalise une telle démonstration de faisabilité sur la Stratégie 2 appareils. Il s’agit en fait d’une application développée par la société Atos Schweiz AG, qui permet d’utiliser certaines fonctionnalités du système radio Polycom sur smartphone. Une fois l’application démarrée, il est possible de voir et de sélectionner les groupes radio Polycom. La fonction push-to-talk peut alors être utilisée pour communiquer avec les participants du groupe radio sélectionné via un smartphone.

Le prototype de l’application a suscité un vif intérêt pendant le Congrès de l’informatique policière Suisse SPIK 2019. La version finale aurait dû être présentée au SPIK 2020, mais cela ne fut malheureusement pas possible en raison de son annulation du fait de la pandémie. Cependant, les fondements du développement de l’application 2GS étaient pratiquement terminés et, à la fin 2020, la Kapo SG confia la coordination du projet à l’OFPP, qui se charge maintenant de la poursuite du développement dans le but de rendre l’application opérationnelle à l’échelle nationale. Peter Wüthrich, Chef de la Division Télématique de l’OFPP, déclara à cet effet que « l’OFPP prenait en charge la coordination des étapes de développement suivantes, avec pour ambition d’élaborer une solution qui puisse être utilisée dans toute la Suisse et par tous les groupes d’utilisateurs du système Polycom ». Des essais sur le terrain sont également prévus dans ce sens. Les enseignements qui s’en dégageront seront utilisés dans le cadre du projet pilote CMS.

De plus amples informations sur la Stratégie 2 appareils peuvent être visualisées sur le message vidéo du site Web de la conférence SPIK 2021 (www.spik.ch), qui se tiendra pour la première fois de son histoire dans un format virtuel, le mardi 11 mai 2021. Le Gyrophare bleu exposera, par ailleurs, dans un prochain numéro, comment se sont déroulés les essais sur le terrain avec l’application 2GS - et quelle sera la suite donnée aux projets Polycom 2030, CMS et SEDS.

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