Mauvaises actions et terribles vérités

Les attaques, menaces et violences contre les membres des autorités et organisations chargées du sauvetage et de la sécurité (AOSS) affectent actuellement ces dernières mais également les médias. Des déclarations exagérées, édulcorées ou apaisantes ? Une analyse.

© Rolf Weiss/zVgJohanna Bundi Ryser, la présidente de la FSFPJohanna Bundi Ryser, la présidente de la FSFP« Encore combien de temps ?» C’est la question, formulée de manière légèrement exagérée, que la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police FSFP pose au Conseil fédéral sur son site Web dans « Point de mire : Violence contre les policières et policiers ». Selon la FSFP, en dépit de tous les efforts déployés depuis 2009 pour régler ce problème, il ne se serait rien passé ou presque du côté de la politique fédérale. Citation : « L’Exécutif fédéral traîne les pieds, retire le message et bloque les travaux aux Chambres. A nos yeux cela constitue presque une entrave à l'action pénale ! »

Le mécontentement est compréhensible – et alimenté par de nombreux incidents, dont les plus spectaculaires sont médiatisés. Mais quelle est la gravité concrète de la situation ? Des recherches indiquent : au-delà de l'émotivité que suscite inévitablement le thème de la « violence contre les AOSS », les statistiques brossent un tableau en partie effrayant, partiellement ambivalent et parfois surprenant.

Fait 1 : Les chiffres augmentent

Selon la statistique policière de la criminalité (SPC), 2017 et 2018 établissent un nouveau record avec respectivement
3 047 et même 3 102 cas de violence, menaces et agressions contre des fonctionnaires. Entre 2009 à 2018, le nombre de cas a augmenté de pratiquement 30 % et le total des actes criminels « contre les autorités » de 41,7 % (voir le graphique à page 34). Avec 10 615 cas, 2018 enregistre un nouveau record pour la quatrième année consécutive. Il est donc inutile d’édulcorer ou d’apaiser les craintes ! Les chiffres sont clairs.

Fait 2 : La police reste l’ennemi numéro 1

L’évolution pour les services de santé et les pompiers n’est pas aussi dramatique. Ils font également l’objet d’attaques verbales et même physiques mais le nombre de cas est moindre et augmente moins drastiquement. Urs Eberle, porte-parole de Protection & Sauvetage Zurich (Schutz & Rettung Zürich) : « Selon les statistiques internes, les chiffres représentent moins de 1 % des interventions. D’une part, les actes de violence (socio-)politiquement motivés ciblent moins les services de sauvetage que les policières et policiers. D’autre part, ils perçoivent les agressions différemment et ne les signalent pas toujours, ce qui influence la fiabilité des chiffres. Urs Bächtold, directeur de la Fédération suisse des sapeurs-pompiers, déplore surtout un effroyable manque d'empathie et de respect de la part de nombreuses personnes. « Chaque fois que nous devons bloquer une route ou établir une déviation, nous nous faisons insulter et injurier », constate-t-il. Jusqu’à présent, la plupart des brutalités se sont cependant limitées à des écarts verbaux. « Dieu merci, nous n’avons pas connaissance d’actes criminels concrets contre les pompiers jusqu’à aujourd’hui », affirme-t-il.

Fait 3 : Trop de cas non déclarés

La présidente de la FSFP Johanna Bundi Ryser connait également le problème des cas non déclarés. Elle est elle-même policière depuis des décennies et a également travaillé chez les pompiers volontaires et ainsi réalisé des missions d'évacuation médicale. Elle affirme : « J'ai moi-même souvent vu des personnes concernées ‹ faire le poing dans la poche › et ‹ digérer mentalement › leur expérience négative au lieu de la signaler. » C'est pourquoi un soutien accru de la part des supérieurs hiérarchiques, des corps et des fédérations est primordial : « Chaque employeur doit protéger ses collaborateurs des agressions, de la violence et des menaces. Si toutefois un cas se présente, les personnes concernées doivent bénéficier d’un suivi, d’une protection et d’une assistance juridique pour faire valoir leurs droits et pour que les auteurs puissent être punis. » La Conseillère nationale du PS, Priska Seiler-Graf, membre de la Commission de la politique de sécurité et du Groupe parlementaire Police, partage le même point de vue. Elle affirme : « Les agressions et les actes de violence doivent toujours être signalés. C'est la seule façon de faire comprendre aux délinquants que leurs actes ont des conséquences. La peur d’une plainte a un effet dissuasif. Par conséquent, les plaintes sont un travail de prévention que je considère comme tout aussi important que la répression. »

Fait 4 : La violence est très individuelle

L'incertitude quant aux causes de la problématique est aussi grande que le nombre de cas non déclarés. Urs Eberle : « Les raisons et les paramètres situationnels des incidents sont aussi individuels que le ressenti personnel des victimes de menaces ou de violence. » Bien sûr, la consommation d’alcool ou (plus rarement) de drogue jouerait souvent un rôle. Mais cela n’est pas toujours le cas. En outre, la « dynamique de groupe » serait un facteur à ne pas sous-estimer. « Grâce à la force ressentie dans le groupe, les gens réagissent différemment et font des choses qu'ils ne feraient pas dans un autre contexte », affirme Eberle. D'autre part, des incidents se produiraient également sans la moindre dynamique de groupe, dans l'environnement domestique, dans l'ambulance ou au service des urgences.

Fait 5 : Le canton de Bâle-Ville est en tête

Selon la SPC 2015 – 2018, les délits à caractère violent n’arrivent nulle part plus fréquemment qu’à Bâle-Ville. Le taux de fréquence des crimes violents contre les autorités et des menaces et violences contre les fonctionnaires s’élève respectivement à 13 et 1,75 pour mille (‰), et est ainsi nettement supérieur à la moyenne (5,1 et 0,4‰). Toprak Yerguz, porte-parole du Département fédéral de justice et police de Bâle-Ville s’exprime en ces termes : « D’après notre expérience, deux raisons expliquent ces chiffres : l'attrait de la ville et le fait que nous sommes un canton urbain en premier lieu. Notre pratique de la dénonciation cohérente ensuite. Des poursuites pénales rigoureuses ont un effet à la fois dissuasif et préventif. Mais, bien sûr, les statistiques incluent plus de cas. »

Derrière Bâle-Ville suivaient, en 2018, les cantons de Genève (8,1/0,5‰), Vaud (7,4/0,3), Zurich (6,4/0,4), Neuchâtel (6,1/0,3), Schaffhouse (6,6/0,4), Fribourg (5,5/0,5) et Soleure (5,5/0,2). Dans le canton de Berne, le taux est de 3,9/0,4‰, comme en Argovie, Thurgovie et en Obwald.

Fait 6 : Berne n’est pas la seule à avoir des problèmes

En termes de menace et de violence contre les fonctionnaires, la capitale fédérale est toujours « en tête » depuis des années dans la SPC, notamment en raison du centre culturel alternatif de la Reitschule. En 2018, Bâle, Fribourg, Bienne et Lucerne ont également signalé de nombreux cas ! À ce sujet, Erwin Rast-Schulz du service information et communication du Département fédéral de justice et police du canton de Lucerne s’exprime en ces termes : « Le nombre de cas dans l'ensemble du canton est resté constant pendant plusieurs années. Cependant, une grande augmentation du nombre de personnes blessées a été signalée en 2018. On reconnait un manque de respect et une propension latente à la violence à l’encontre des policières et policiers, notamment à l’occasion de grandes manifestations. » Rast affirme que l'amélioration de l’équipement a fait ses preuves dans ce contexte : « Menacer d’utiliser le taser suffit souvent à désamorcer des situations menaçantes. »

Fait 7 : Les délinquants sont des hommes âgés de plus de 24 ans

Selon la SPC, les délinquants sont principalement des hommes (85%) de plus de 24 ans (66%). La probabilité qu’il s’agisse d’étrangers est de 43 à 45%. Environ la moitié d'entre eux compte parmi les habitants permanents. Ce « profil criminel » n’a que peu changé depuis 2009 et est comparable à celui de nos pays voisins.

Fait 8 : La Suisse n’est pas seule

En parlant des pays voisins : les agressions et la violence contre les AOSS y sont également plus fréquentes. Ici comme là-bas : les mœurs sont à la brutalité, le « respect de l’uniforme » se perd, le manque de respect pour les autres est de plus en plus fréquent. Les causes de cette évolution font l’objet de spéculations, lors des rencontres, dans les cercles d'experts et de discussion ainsi qu'au niveau gouvernemental et législatif. Ce faisant, l'Allemagne a osé faire le premier pas en renforçant la répression.

Fait 9 : L'Allemagne a réagit

En mai 2017, afin de « renforcer la protection des agents de police et d’exécution ainsi que des services de sauvetage », le nouvel élément d’infraction « Agression contre les forces de l’ordre » (§ 114 StGB) a été créé, assorti d'une peine encourue de trois mois à cinq ans d’emprisonnement. Ce faisant, le terme « agression » se définit comme « ...une action hostile qui n’implique pas nécessairement une blessure ni l’intention de blesser. » En d’autres termes : l’action antiétatique elle-même est décisive et suffisante. Outre le fait de jeter des pierres et des bouteilles, les formes plus légères de violence physique, comme bousculer ou gifler, sont également pertinentes du point de vue pénal. Selon la « Bundeslagebild (étude fédérale de la situation), violence contre les forces de l’ordre 2018 », 11 704 cas sur 33 260 étaient des cas de « résistance et agression contre les forces de l'ordre » selon le § 114 du Code pénal et ont été, par conséquent, jugés et punis plus sévèrement.

Fait 10 : La Suisse poursuit le débat

En Suisse, les discussions suivent leur cours. Ce faisant, le désaccord règne, même au sein des camps. Daniel Jositsch, membre du Parti socialiste élu au Conseil des États et spécialiste du droit pénal, estime qu’une aggravation des peines ne serait ni raisonnable, ni efficace. Les tribunaux devraient simplement mieux exploiter les limites de peine existantes. Les critiques de ce point de vue revendiquent quant à eux : « Augmentons la peine minimale ! » pour que les juges ne passent plus outre les peines plus sévères. La présidente de la FSFP Johanna Bundi Ryser affirme : « Je fonde beaucoup d’espoir sur la nouvelle cheffe du DFJP Karin Keller-Sutter. Elle peut profiter de l’occasion pour sortir de la routine pratiquement léthargique des réponses apportées au cours des dernières années selon lesquelles il faudrait impérativement agir mais que le moment serait mal choisi. Je crois et j’espère qu’elle fera réaliser au Conseil fédéral qu’il est plus que temps de faire passer le message. Celui-ci doit signaler que ‹ Quiconque agresse un représentant de l’État sera puni comme s’il avait agressé l’État lui-même ›. Il s’agira de peines minimales qui font vraiment mal. »
C’est également ce que croit la conseillère nationale Priska Seiler-Graf. Elle privilégie toutefois une approche duale: « Ce sont les cas spectaculaires largement diffusés dans les médias qui alimentent le débat et justifient l’opinion publique. Je trouve cependant que la brutalisation insidieuse des mœurs est le véritable problème. » Une plus grande dissuasion par le biais de peines minimales plus sévères pourrait contribuer à contenir cette évolution, ce qui enverrait un message clair. Cette mesure ne serait toutefois pas suffisante. « Parallèlement aux sanctions, des mesures préventives efficaces, telles que la police de proximité, sont nécessaires pour améliorer la réputation des AOSS et souligner l'importance du travail qu'elles accomplissent pour notre société et pour chaque individu. C’est ainsi que naissent la reconnaissance, la confiance et le respect. Tout cela est de loin la protection la plus efficace contre les agressions. »

Conclusion : Le Conseil fédéral doit enfin agir

Depuis 2009, le Conseil fédéral n'a tout simplement pas progressé dans l'harmonisation des limites de la peine qui vise à définir des durcissements et des peines minimales pour certaines infractions. Le Conseil fédéral se tourne les pouces depuis dix ans. Les initiatives parlementaires présentées par Bernhard Guhl (PBD/AG) et Marco Romano (PDC/TI) au Conseil national en décembre 2016, qui revendiquent une peine d'emprisonnement d'au moins trois jours pour agression contre les fonctionnaires, sont toujours en attente aujourd'hui. La léthargie du Conseil fédéral concernant la « violence contre les AOSS » est incompréhensible et peut même être considérée comme impertinente vis-à-vis des AOSS qui sont de plus en plus souvent exposées à la violence sans protection. Le Conseil fédéral semble ne pas comprendre qu'un Etat incapable de protéger efficacement ses représentants se retrouvera un jour lui-même sans défense – comme ses citoyennes et citoyens. Il est évident que personne ne le souhaite. Il est par conséquent temps d’agir.

Les pires cas récents

2 juin 2019 :
un jeune de 18 ans agresse physiquement un policier dans le quartier Niederdorf à Zurich. Les passants encouragent le délinquant, insultent les policiers de la pire façon possible.

26 mai 2019 :
tôt le matin devant un club de Lucerne, un jeune de 20 ans bloque le passage à trois policiers souhaitant partir après une intervention, les insulte et les menace verbalement, puis frappe un des policiers au visage avec son poing. Lorsque les policiers sur place l’arrêtent, sa compagne de 27 ans agresse les policiers à son tour.

22 mai 2019 :
après un match à huis clos entre le GC et Sion au Letzigrund, une intervention a lieu dans le bar de fans « Sächs Foif » du 5e arrondissement de Zurich, les bouteilles volent. Le même jour, deux personnes se livrent à des voies de faits et blessent des ambulanciers de la Police sanitaire bernoise appelés pour une intervention sur la «Grosse Schanze».

19 mai 2019 :
une foule érige et enflamme des barricades dans la rue autour du centre culturel alternatif de la Reitschule à Berne. La police et les pompiers sont attaqués avec des pierres, des bouteilles et des pointeurs laser. Ils ripostent alors avec du gaz lacrymogène, des munitions en caoutchouc et des canons à eau. Bilan : deux policières et huit policiers blessés ; trois voitures et deux vélos brûlés. 11 personnes ont été arrêtées ; 5 étaient déjà recherchées par les services de police. Le même jour, des policiers et des ambulanciers sont agressés dans plusieurs quartiers de Bâle après la finale de la coupe de football. Bilan : trois blessés (deux policiers et une femme non impliquée). Avant cela, des personnes masquées avaient déjà détruit la vitre arrière d'une voiture de police avec des pierres.

17 mai 2019 :
vers minuit, deux assistants de sécurité de la police de Zoug patrouillant à pied sont harcelés et provoqués verbalement par un groupe sur la Kolinplatz.
Lorsque les forces d'intervention ont voulu emmener un jeune suisse de 23 ans
particulièrement récalcitrant au poste de police, ce dernier les agresse et blesse l'un des policiers.

21 mars 2019 :
lors d'une descente antidrogue dans le quartier de la Reitschule à Berne, des bouteilles sont lancées contre les forces d’intervention civiles et une personne arrache le téléphone portable de la main d'un policier.

26 janvier 2019 :
à Zoug, des policiers interviennent pour une personne ivre et nue qui jette des objets contre des voitures en circulation. Son frère pousse un policier par derrière si brutalement à terre qu'il lui brise le nez.

18 août 2018 :
sur la promenade du lac de Zurich, des policiers accompagnant des ambulanciers pour aider un jeune homme de 18 ans poignardé et grièvement blessé sont attaqués avec des bouteilles et des pierres. Les ambulanciers se réfugient alors dans l’ambulance sans pouvoir aider avant la dissipation de la foule. Le même jour, pendant l'after-party de la Jungle Street Groove dans le port de Kleinhüningen, la foule bloque les ambulanciers de la Croix-Rouge de Lörrach, sur place à la demande des services sanitaires de Bâle, les empêchant d’atteindre le patient. La foule secouait le véhicule de secours, certaines personnes montraient leur fessier nu, d'autres ouvraient les portes de l’ambulance de l’extérieur. Des policiers ont finalement aidé les sauveteurs à se rendre en sécurité sur le lieu d’intervention.

Reconnaître le problème, c’est le prévenir

Les terminaux Polycom TPH900 ont dû faire face à des pannes imprévisibles provoquées par des problèmes de batterie. Son constructeur, Airbus, promet une solution d’ici le printemps 2020. Jusque-là et sur ordre de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), les portatifs seront équipés de batteries de la société Suisse AkkuPoint AG, spécialiste en la matière.

© AkkuPoint AGLes batteries de la société spécialisée, AkkuPoint AG, s’encastrent mieux dans le boîtier et offrent, par ailleurs, une capacité de 4600 au lieu de 4000 mAh.Les batteries de la société spécialisée, AkkuPoint AG, s’encastrent mieux dans le boîtier et offrent, par ailleurs, une capacité de 4600 au lieu de 4000 mAh.Le silence est d’or – par contre, il est totalement inapproprié durant le service ou lors d’une mission. Or, c’est justement ce que les terminaux radio Tetrapol de type TPH900 de la marque Airbus ont provoqué en 2015 et 2016 dans une moindre mesure et de façon répétée à partir de 2018 lors de la mise en service d’une grande quantité de ces appareils par les organisations d’intervention d’urgence suisses.

La rédaction a eu connaissance de cette problématique à la lecture du Rapport d’activité et compte rendu du Rapport annuel 2018 du Conseil d’État, établis par la Commission de gestion du Grand Conseil du canton de Bâle-Ville, publié le 28 juin 2019. Celui-ci fait état de la situation suivante : « Même après deux ans, les nouveaux terminaux radio TPH900 du fournisseur monopolistique présentent encore des défauts majeurs de fonctionnement, empêchant leur utilisation. Ce problème est répandu dans toute la Suisse. (...) L’OFPP laisse entrevoir une solution pour 2020. »

Les recherches de la rédaction, notamment menées auprès de l’OFPP, ont révélé qu’après avoir passé avec succès de nombreux tests effectués dans le cadre de l’évaluation, les terminaux radio TPH900 ont fait l’objet d’une recrudescence de plaintes exprimées au sujet d’un arrêt soudain des appareils. En effet, l’augmentation des réclamations fait notamment suite à l’introduction, à l’échelle nationale, des terminaux à partir de 2018, à leur utilisation intensifiée et à une augmentation du nombre d’appareils utilisés par les différentes organisations. En réponse à une question posée à ce sujet, Kurt Münger, de la section Communication de l’OFPP, déclara que « lors de l’utilisation des nouveaux terminaux radio par des collaborateurs du Corps des gardes-frontière, de la police de Schaffhouse et de la Police nationale de la Principauté du Liechtenstein, des pannes isolées ont été constatées et signalées aux responsables de l’OFPP, en vertu de processus définis. »

Gestion commune de crise au printemps 2019

Au mois de janvier 2019, l’OFPP a missionné avec l’analyse des problèmes rencontrés avec les batteries, celle que Kurt Münger décrit comme « la task force créée en 2018 dans le dessein de traiter les différentes irrégularités lors de la mise en service des nouveaux terminaux ». La task force, composée de représentants de l’OFPP, d’Airbus, de RUAG ainsi que de l’Administration fédérale des douanes et de diverses polices cantonales a constaté que les problèmes étaient dus à un mauvais ajustement de la batterie d’origine dans le boîtier.
Sur ce, Airbus a interrompu la production des appareils jusqu’à nouvel ordre et travaille de manière intensive à une solution. Kurt Münger déclare par ailleurs « qu’un nouveau design des terminaux est en cours chez Airbus. L’objet de ce remodelage est notamment un ajustement de la batterie et de son boîtier de réception. La nouvelle version devrait être disponible dès 2020. »

L’OFPP décide d’adopter rapidement une solution de rechange temporaire

© Airbus Secure Land CommunicationsSeront équipés avec de nouvelles batteries dans toute la Suisse : les terminaux radio Tetrapol TPH900 d’Airbus.Seront équipés avec de nouvelles batteries dans toute la Suisse : les terminaux radio Tetrapol TPH900 d’Airbus.En raison de l’urgence de la situation et du manque d’alternatives, la task force s’est penchée sur la recherche d’une solution à mettre en œuvre sans devoir remplacer l’appareil. Selon Kurt Münger, « diverses options ont été examinées. Finalement, la seule solution réaliste et réalisable était celle qui était alors envisagée, à savoir le remplacement des batteries. » Il souligne qu'il s'agit ici d'une solution convenue par toutes les parties et mise en œuvre conjointement.

Concrètement, les nouvelles batteries sont des accumulateurs de courant commercialisés par AkkuPoint AG, la société Suisse spécialisée dans ce secteur. Selon Kurt Münger, la forme permettant un meilleur encastrement dans le boîtier aurait été l’élément déterminant. « Grâce à cela, les dysfonctionnements seront évités. Et les nouvelles batteries présentent par ailleurs une capacité accrue », fait-il remarquer. D’après Kurt Münger, certains appareils équipés de batteries de remplacement sont actuellement en service depuis plusieurs mois auprès de diverses organisations dans le but de les tester. Ce faisant, aucune intensification des pannes n’a été signalée.

Aucun frais supplémentaire pour les utilisateurs

Airbus prend en charge les frais relatifs au remplacement de près de 25 000 batteries livrées par elle pour équiper les terminaux TPH900. « Les autres usagers n'ont pas à supporter de coûts d'approvisionnement externes complémentaires du fait de l'échange. Ils devront toutefois prendre en charge les frais occasionnés par le travail supplémentaire fourni par leurs propres collaborateurs », déclare Kurt Münger.

En réponse à la question sur la date prévue de la fin de l’action de remplacement, Mauro Autino, le PDG de la société AkkuPoint AG déclare : « Grâce à l’augmentation de notre ligne de fabrication, dans le but de réduire les délais de production, nous avons été en mesure de livrer les derniers exemplaires des 25 763 batteries à la RUAG au cours de la première quinzaine de juillet. » Cette dernière livre, depuis, de nouvelles batteries aux utilisateurs finaux.

Conclusion : ensemble, vers la solution

Il est, d’une part, absolument incompréhensible de devoir constater des problèmes d’ajustement de la forme des batteries dans les terminaux TPH900. De telles difficultés étaient d’ailleurs déjà apparues au niveau de l’ancien modèle TPH700, tout comme le microrupteur avec goupille, dont les dimensions étaient, au départ, trop petites pour le couvercle du réceptacle de batterie. C’est ce qu’il ressort des documents PDF de 2012, téléchargés sur le site Internet de l’OFPP. D’autre part, la task force a trouvé, pour le problème qui n’est survenu que du fait de l’usage prolongé des terminaux, une solution rapide, utile et (pratiquement) neutre en coûts, tant pour les contribuables que pour les utilisateurs.

Il en résulte qu’une gestion cohérente des problèmes, lorsqu’elle tient compte des points de vue et des suggestions de tous les participants, conduit à des solutions supportées par tous. Ici, il a été possible de trouver rapidement une voie permettant aux organisations utilisatrices de mener à bien leurs interventions dans les meilleures conditions et de les aider à établir des mesures concrètes dans le but d’éviter ce genre de problèmes à l’avenir.

Les embouteillages peuvent être mortels lorsqu’ils empêchent les sauveteurs d’atteindre le lieu de l’accident. L’obligation de créer une voie d’urgence pourrait de ce fait bientôt être introduite dans la législation suisse. Pascal Rey, un secouriste bâlois de 22 ans, y a grandement contribué.

© Helfen helfenAvec son association « Helfen helfen », Pascal Rey (2ème à gauche) a déjà beaucoup fait avancer les choses dans le domaine de la voie d’urgence.Avec son association « Helfen helfen », Pascal Rey (2ème à gauche) a déjà beaucoup fait avancer les choses dans le domaine de la voie d’urgence.Pascal Rey est apprenti aide-soignant, secouriste au sein d’une équipe de transport de sauvetage et chargé de projet d’un service de secours. Il sait ce que cela signifie que de vouloir sauver des vies et secourir des blessés et de ne pas pouvoir atteindre le lieu de l’accident du fait de l’engorgement des routes par des colonnes de voitures. Or, cela arrive de plus en plus souvent. L’accroissement continuel de la densité de la population, de la circulation et des besoins de mobilité contribue, d’une part, à ce que, à de nombreux endroits, les infrastructures routières atteignent voire dépassent les limites de leurs capacités. D’autre part, force est de constater que « de nombreux automobilistes égoïstes ou ignorants n’ont pas encore vraiment pris conscience de la nécessité de créer un couloir de secours » commente Pascal Rey. Il regrette que la création d’une voie d’urgence ne soit pas obligatoire en Suisse.

La voie d’urgence, jusqu’à présent optionnelle en Suisse

Selon l’article 27 alinéa 2 de la Loi fédérale sur la circulation routière (LCR), « la chaussée doit être immédiatement dégagée lorsque fonctionnent les avertisseurs spéciaux des voitures du service du feu, du service d’ambulances, de la police ou de la douane ». La loi ne prévoit cependant aucune obligation de créer une voie d’urgence.

Il en va tout autrement dans d’autres pays. C’est ainsi qu’en République tchèque, la création d’une voie d’urgence est non seulement encouragée depuis 2005, mais également exigée par la loi. L’Autriche et la Hongrie possèdent une législation spécifique depuis 2012, et même en Allemagne, un tel comportement a été rendu obligatoire fin 2016. Le non-respect de cette obligation est en partie passible d’amendes élevées. En Allemagne, la sanction infligée peut prendre la forme d’une amende pouvant atteindre jusqu’à 320 € et/ou d’une suspension du permis de conduire jusqu’à 1 mois. En Autriche, l’amende peut atteindre jusqu’à 2 180 €.

Une campagne en faveur de la voie d’urgence en Suisse

En Suisse aussi, des appels ont été lancé à plusieurs reprises par le passé, par exemple par l’Office fédéral des routes (OFROU), en vue de la création des bases légales nécessaires, mais rien n’y fit jusqu’à ce que Pascal Rey, il y a deux ans, crée l’association « Helfen helfen » (voir encadré) avec une poignée d’acolytes et lance la campagne « Voie d’urgence en Suisse ». Celle-ci a permis la sensibilisation à l’importance de la voie d’urgence à travers les médias sociaux, un site Internet, la tenue de stands, des vidéos, photos, prospectus et autocollants, et ceci avec un budget publicitaire de seulement 10 000 francs suisses.

La réaction suscitée a été importante. Presque tous les grands médias ont parlé de la campagne. La police cantonale bernoise a apporté un soutien technique. Depuis 2017, l’OFROU diffuse régulièrement le slogan « En cas de bouchon: Couloir de secours! » sur les panneaux d’annonce  installés le long des routes nationales, en coordination avec les corps de police. L’attention du public a ainsi été de plus en plus attirée sur cette problématique, qui a été placée sur l’agenda de la politique fédérale le 15 mars 2018 grâce à l’engagement de divers politiciens siégeant au gouvernement, au Conseil des Etats ou au Conseil national. A cette époque, la conseillère nationale Priska Seiler Graf du PS a déposé auprès du Conseil fédéral une interpellation comprenant huit questions relatives au couloir de secours, en l’obligeant ainsi à s’emparer du thème et à répondre aux questions posées. « Priska Seiler-Graf a provoqué un débat, ce pourquoi je lui rends un hommage particulier », affirme Pascal Rey.

Le Conseil fédéral, prêt à intervenir

Dans sa réponse à l’interpellation déposée par Priska Seiler Graf, le Conseil fédéral a annoncé l’adoption de mesures. Le 2 octobre 2018, il a mis en consultation différentes « mesures destinées à accroître la fluidité du trafic et à renforcer la sécurité routière », dont une proposition sur la formation d’un couloir de secours. Guido Bielmann, porte-parole de l’OFROU, a déclaré que « la procédure de consultation a été clôturée le 25 janvier 2019. A l’heure actuelle, les résultats sont en cours d’évaluation en vue de la rédaction du rapport d’ensemble. Le Conseil fédéral pourrait éventuellement encore se prononcer cette année. » Il y a donc de fortes chances qu’en 2020, ou au plus tard en 2021, la création d’une voie d’urgence sur les autoroutes et les routes à au moins deux voies de circulation devienne obligatoire.

Jusque là, les équipes de sauvetage continueront à être dépendant du bon vouloir des usagers de la route. Lors de ses nombreux voyages, Guido Bielmann a cependant remarqué un retournement de tendance réjouissant. « De plus en plus d’automobilistes créent de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps une voie d’urgence dès l’apparition d’un ralentissement de la circulation. A ce niveau, il est important qu’il y ait des conducteurs exemplaires, qui sont ensuite presqu’instinctivement suivis par les autres conducteurs.» Il semblerait donc que la campagne, les articles de presse qu’elle a suscités, les slogans « En cas de bouchon: Couloir de secours! » diffusés lors de chaque information sur le trafic routier à la radio ainsi que les mesures prises par l’OFROU et les corps cantonaux de police portent petit à petit leurs fruits.

Deux camions comme supports de campagne

C’est en tout cas une bonne chose puisqu’après presque deux ans Pascal Rey et ses acolytes ont clôturé la campagne « Couloir de secours Suisse », fin juin 2019, avec un grand coup de pub puisque, depuis le mois de juin, deux camions de l’entreprise de transport routier Janina Martig d’Allschwil circulent à travers toute la Suisse avec l’inscription « Sauver des vies ... avec le couloir de secours !». « En tant que chauffeur de camion, Mme Martig attache une importance particulière à la voie d’urgence. Elle nous a soumise son idée et pris en charge le coût du pelliculage des camions », se réjouit Pascal Rey. Janina Martig confirme par ailleurs l’expérience faite par Guido Bielmann. « Moi-même et mes conductrices constatons que la création d’un couloir de secours fonctionne de plus en plus souvent » affirme-t-elle. Elle réclame par contre également que les points névralgiques du réseau suisse des routes nationales, au niveau desquels des ralentissements et bouchons quasi quotidiens sont enregistrés, fassent enfin l’objet de travaux d’aménagement. « Là où la circulation est fluide, les accidents sont moins fréquents et il n’est pas nécessaire de créer une voie d’urgence » objecte-t-elle.

Pascal Rey et son équipe peuvent en tout cas être fiers d’eux. Ils ont créé l’unique plateforme nationale ayant rendu publiques toutes les informations relatives à la voie d’urgence sur un grand nombre de canaux. C’est ainsi qu’une grande partie des progrès réalisés depuis 2017 dans la thématique du « couloir de secours » sont à mettre au crédit de l’association « Helfen helfen ». Pascal Rey promet d’ailleurs qu’on en entendra bientôt de nouveau parler. « Il y bien d’autres thèmes qui préoccupent les équipes d’intervention et de secours des feux bleus et des organisations partenaires» précise-t-il. Le pétillement dans ses yeux laisse entrevoir que même s’il n’en dit pas plus, il a sûrement déjà une idée derrière la tête. Nous sommes impatients d’en savoir plus !

Dès l’apparition d’un fort ralentissement sur une chaussée à plusieurs voies, les automobilistes de la file de gauche serrent le plus à gauche possible, tous les autres serrent le plus à droite possible, sans toutefois empiéter sur la bande d'arrêt d'urgence (règle dite de la main droite).Dès l’apparition d’un fort ralentissement sur une chaussée à plusieurs voies, les automobilistes de la file de gauche serrent le plus à gauche possible, tous les autres serrent le plus à droite possible, sans toutefois empiéter sur la bande d'arrêt d'urgence (règle dite de la main droite).

L’association « Helfen helfen » a besoin de vous !

L’association « Helfen helfen » est une association à but non lucratif créée en 2017, ayant son siège à Bâle-Ville. L’association présidée par Pascal Rey dispose d’une équipe centrale d’une vingtaine de personnes organisant des campagnes médiatiques en faveur des forces d’intervention et de leur travail afin d’obtenir une plus grande acceptation sociale de la mission que celles-ci et les équipes de secours des feux bleus et des organisations partenaires accomplissent. « Conjointement avec des partenaires associatifs, publics et privés, et en collaboration avec la population, nous voulons sensibiliser aux problématiques rencontrées actuellement par les autorités et organisations chargées du sauvetage et de la sécurité (AOSS), afin que les équipes de secours puissent effectuer leur travail en temps utile et dans les meilleures conditions possibles, et afin d’améliorer le climat social existant à l’encontre des policiers et équipes de secours en uniforme », précise Pascal Rey.

Vous trouverez de plus amples informations sur l’association, qui est toujours à la recherche de nouveaux membres dévoués, sur www.helfen-helfen.swiss.

© Aide Suisse aux MontagnardsLes membres du groupe « First Responder Plus » dans le district de Singine (Canton de Fribourg) lors d’un entraînement avec leurs nouveaux sacs à dos d’urgence.Les membres du groupe « First Responder Plus » dans le district de Singine (Canton de Fribourg) lors d’un entraînement avec leurs nouveaux sacs à dos d’urgence.La fondation Aide Suisse aux Montagnards (ASM) soutient la création et l’extension de groupes First Responder dans les régions de montagne. Dans le cadre d’un partenariat conclu avec l’Interassociation de sauvetage (IAS) et l’Alliance suisse des samaritains (ASS), elle prend en charge 50% des coûts lors de l’achat d’équipements de secours par les groupes First Responder actifs dans les régions de montagne.

Non seulement dans les villes et leurs agglomérations, mais en particulier dans les régions reculées, et notamment dans les régions de montagne, le parfait fonctionnement de la chaîne de sauvetage joue un rôle essentiel. L’Aide Suisse aux Montagnards (ASM) en sait quelque chose et soutient également des projets dans le domaine de la « Santé ». D’après Kilian Gasser du Service de presse, « l’ASM est toujours encore considérée comme étant avant tout une institution créée pour améliorer l’existence des paysans dans les régions de montagne. Bien que l’agriculture constitue le domaine d‘activité principal, l’ASM s’engage de plus en plus dans des domaines d’activité, tels que la formation et l’énergie, ainsi que la santé et l’aide d’urgence. »

Un engagement qui répond à des besoins urgents, comme l’expérience de ces dernières années l’a montré. « Dès 2009, nous avons reçu les premières demandes de soutien de la part de groupes First Responder, nous demandant de sponsoriser l’acquisition des équipements coûteux. », précise Anja Hammerich, Gestionnaire Projets, Communication de l’ASM. Lorsqu’au cours des années suivantes, d’autres demandes en ce sens ont été adressées à l’ASM, celle-ci a lancé, en 2008 à l’occasion du 75e anniversaire de sa fondation, une offre spéciale en faveur des groupes First Responder dans les régions de montagne.

Deux équipements de secours à moitié prix

« Nous avons pris conscience du besoin réel de soutien des First Responders dans l’acquisition des équipements de secours et avons voulu y répondre avec une offre concrète »,
confirme Anja Hammerich. « Comme les groupes First Responder apportent une contribution indispensable aux soins d'urgence dans les communes de montagne isolées, ils peuvent bénéficier des prestations de soutien de l'ASM. »

© Aide Suisse aux MontagnardsLe contenu des sacs à dos d’urgence subventionnés par l’Aide Suisse aux Montagnards est conforme aux recommandations CRS/SUVA.Le contenu des sacs à dos d’urgence subventionnés par l’Aide Suisse aux Montagnards est conforme aux recommandations CRS/SUVA.Pour ce faire, la fondation a conclu un partenariat avec l’Alliance suisse des samaritains (ASS) et l’Interassociation de Sauvetage (IAS). Les groupes First Responder actifs dans les régions de montagne ont la possibilité d’acquérir au maximum deux défibrillateurs et deux sacs à dos d’urgence par groupe à prix réduit. L’ASM prenant en charge 50% des coûts. Pour les associations de samaritains l’ASS prenant en charge 10% supplémentaires.

L’offre porte sur un sac à dos d’urgence First Responder complet, dont le contenu est conforme aux recommandations CRS/SUVA (CHF 690.– au lieu de 1 380.–) et sur un défibrillateur de type AED 3 BLS de Zoll (CHF 1 987.– au lieu de 3 974.–) équipé de la fonction Real CPR Help fournissant des informations relatives à la fréquence et à la profondeur des compressions thoraciques, d’un tableau de bord indiquant l’ECG actuel du patient et d’une évaluation des fichiers d’événements cliniques, et également doté de Wi-Fi pour faciliter le chargement direct de ces derniers. Ce défibrillateur est recommandé aux First Responders du fait de ses faibles coûts d’exploitation, d’une durée de conservation des électrodes universelles pour adultes et enfants de 5 ans, d’une durée de vie de la batterie lithium-ion de 5 ans et de son faible poids (environ 2.5 kg). Le sac à dos et le défibrillateur peuvent être acquis séparément ou sous forme de package (pour plus de détails voir sur www.shop.samariter.ch/first­-responder). Les commandes peuvent être effectuées jusqu’au 31 décembre 2020.

Une offre destinée à susciter des vocations

« Avec notre offre, nous souhaitons bien sûr soutenir directement les groupes First Responder actifs dans les régions de montagne, et en même temps nous espérons que de nouveaux groupes se formeront et contribueront à améliorer l’accès à l’aide d’urgence sur tout le territoire », déclare Anja Hammerich.

De ce fait, les conditions requises pour bénéficier de l’aide ont été fixées d’une manière plutôt souple. « Le groupe doit être actif principalement dans les régions de montagne (selon les Régions de montagne définies par la Confédération) et connecté au centre d’appels d’urgence 144 », explique Kilian Gasser.

Un court-métrage remarquable

© FabricantLe défibrillateur de type « AED 3 BLS » de Zoll est moderne, facile à utiliser et il ne pèse qu’environ 2.5 kg.Le défibrillateur de type « AED 3 BLS » de Zoll est moderne, facile à utiliser et il ne pèse qu’environ 2.5 kg.Les groupes intéressés trouveront de plus amples informations sur www.berghilfe.ch/firstresponder. Un court-métrage remarquable peut également y être consulté, montrant comment les membres d'un groupe First Responder Plus ont sauvé la vie d’un jeune homme de 23 ans dans le district de Singine (Canton de Fribourg) et ce que le soutien de l’ASM représente concrètement pour eux.

Le plus petit « renifleur » du monde

© Rédaction» Andreas Güntner dans le laboratoire dans lequel les capteurs ont été développés et testés.» Andreas Güntner dans le laboratoire dans lequel les capteurs ont été développés et testés.Andreas Güntner, chercheur au Particle Technology Laboratory du département Génie mécanique et Génie des procédés de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), développe des systèmes de détection miniatures ultra performants permettant de détecter les plus infimes traces de substances volatiles dans l’air. Ces capteurs ouvrent de nouvelles possibilités aux premiers répondants (First Responder) et leur permet d’intervenir là où les « vrais » chiens de recherche atteignent leurs limites.

Le chien est le meilleur ami de l’Homme, et pour le personnel des feux bleus un auxiliaire indispensable en tant que chien de police, de défense, de recherche et de sauvetage. Grâce à leur odorat très développé, les chiens sont formés, depuis le Moyen Âge, et dès le XVIIe siècle au Col du Grand Saint-Bernard, à la recherche de personnes disparues, égarées ou ensevelies. A ce niveau, les performances réalisées sont impressionnantes. En effet, la membrane olfactive du chien comprend plus de 100 fois plus de cellules réceptrices que celle de l’Homme, et son système olfactif est composé de deux naseaux séparant l’air nécessaire pour respirer et celui utilisé pour la détection en deux, ce qui lui permet de détecter des substances que l’Homme ne peut sentir. Par exemple les phéromones et certains hydrocarbures sous forme gazeuse, et ce même dans des concentrations les plus infimes. Un chien bien entrainé pourra ainsi flairer avec précision ce que l’Homme ne peut ni voir, ni entendre, ni apercevoir. Il est ainsi capable de retrouver une personne ensevelie avec une probabilité située entre 75 et 95%, comme le prouvent de nombreuses études.

A la recherche du « nez électronique »

L’utilisation de chiens connait cependant également des limites. La recherche est extrêmement fatigante pour les chiens, ce pourquoi ils ont régulièrement besoin de faire des pauses. La chaleur, la haute altitude, l’obscurité et un taux d‘humidité élevé les fait souffrir. En outre, ils doivent souvent être tout d’abord transportés de loin vers le lieu de recherche. Enfin, ils ne peuvent pas travailler sur n’importe quel terrain, bien que le meneur de chien arrive souvent plus vite à ses limites que son animal.

En pleine conscience des limites physiologiques des chiens de recherche, même du plus brillant, résistant, rapide et courageux, les chercheurs travaillent depuis des années au développement d’un « nez électronique » pouvant être utilisé par tous les temps et quasiment dans n’importe quel environnement, emporté à toute heure partout, et dans le meilleur des cas également embarqué sur des drones. Andreas Güntner travaillant au Particle Technology Laboratory du département Génie mécanique et Génie des procédés de l’EPFZ figure parmi ces chercheurs. Avec son équipe interdisciplinaire, il a développé des capteurs ultra sensibles pouvant détecter des substances organiques et inorganiques volatiles, telles que l’acétone, l’ammoniac ou l’isoprène, et cela de manière rapide et sûre, mais avant tout dans de faibles concentrations jamais atteintes jusqu’à présent.

Des capteurs de gaz en remplacement de l’odorat canin

Etant donné que les trois substances susnommées constituent des produits naturels du métabolisme, que chacun d’entre nous expire par la bouche et exsude par les pores de sa peau, il est possible de retrouver des personnes ensevelies ou dissimulées par la détection combinée de ces gaz. La concentration de ces substances dans l’air expiré et/ou la sueur est cependant très faible. La sensibilité des capteurs doit donc être très élevée. L’équipe autour d’Andreas Güntner utilise des puces revêtues d’oxydes métalliques nanostructurés. « Il y a quelques années, au début de nos recherches, celles-ci étaient aussi grandes qu’une pièce de 5 centimes. Entre-temps, elles sont plus petites que la tête d’une allumette » précise Güntner en désignant les trois dernières générations de développement. Il ajoute que « les oxydes métalliques ont une structure cristalline clairement définie et une porosité particulièrement élevée, offrant ainsi une surface d’échange gigantesque aux substances gazeuses. Lorsque certaines substances gazeuses interagissent avec la surface cristalline, il s’en suit des échanges physico-chimiques. La résistance électrique de la puce varie, ce que nous pouvons mesurer. » Les oxydes métalliques utilisés par Güntner, tels que des trioxydes de tungstène et de molybdène ou encore des oxydes de zinc dopés au silicium, réagissent spécifiquement à différentes substances. Les processus physico-chimiques engendrés sont par ailleurs extrêmement rapides (d’une durée de quelques secondes) et les oxydes métalliques réagissent avec une incroyable sensibilité. « Nous pouvons repérer quelques molécules d‘acétone parmi plusieurs centaines de millions d’autres molécules », explique Güntner. Malgré cela, les puces sont relativement robustes. « Les coûts de notre technique sont faibles, elle est facile à manipuler et elle permet des mesures en temps réel. A l’heure actuelle, nous testons son aptitude à résister aux rudes conditions rencontrées au quotidien », déclare Güntner.

Un fonctionnement irréprochable

Lors des premiers tests, dans le cadre desquels des personnes sont restées seules et pendant plusieurs heures dans des chambres d’essais, les nouveaux capteurs ont permis de détecter de l’ammoniac, de l’acétone et de l’isoprène de manière rapide et sûre, et avec une précision qui ne peut normalement être atteinte qu’avec des spectromètres de mobilité ionique ou de masse, ces derniers n’étant ni transportables, ni nécessairement abordables. Les capteurs peuvent par contre théoriquement être intégrés dans chaque téléphone ou appareil portable, vu leur taille et leur poids minuscules. Complétés par des capteurs d’humidité et de CO2, ils offriraient de toutes nouvelles et larges possibilités aux premiers répondants. Güntner est convaincu qu’ « ils pourraient ainsi immédiatement lancer leurs actions de recherche et, à l’aide d’un drone équipé d’un tel « renifleur », ratisser de grands espaces dans un délai nettement plus court que tout ce que l’on a pu imaginer jusqu’à présent ».

Tout cela nécessitera cependant encore un peu de temps dans la mesure où la performance et la stabilité des capteurs devront tout d’abord être démontrées lors d’essais en laboratoire. Andreas Güntner et son équipe devront par ailleurs encore investir beaucoup de temps et de travail dans d’autres tests et dans le développement jusqu’à la fabrication en série d’un produit adapté aux exigences des utilisateurs. Pour cela, il leur faut continuellement attirer de nouveaux investisseurs.

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